Noël 2007 : le D-Day de BritBrit

Publié le par Nala

Photo-001.jpgDans ma famille, cela ne se fait pas ! A moins d’être en état de mort clinique, personne ne doit manquer à l’appel lors du repas familial de Noël. Pas moins de 25 personnes à table à qui on se doit de faire la conversation, appuyé d’un état des lieux personnel de l’année. Direction la maison parentale pour une journée très très longue.
 
11h40 – J’arrive en grande pompe
Encore avinée du réveillon solitaire de la veille ma bouteille de vin n’ayant pas résister à « Attention à la marche », j’arrive. Tour des joues de la famille, chaque bise est bien sûr accompagnée d’un « Bonjour- Tu vas bien – Joyeux Noël ».
Je me rends dans la cuisine, là où, selon mon père, les femmes seules règnent en grandes maîtresses tribales. Disons que cela l’arrange bien.
Ambiance casseroles, valses des plats et attaque en bonne et due forme sur ma vie.
« Alors BritBrit, toujours pas fiancée ? me lance ma grand-mère, tu sais que Sandrine s’est mariée cette année avec le Christophe qu’elle fréquentait depuis 10 ans. Et puis il a une bonne situation, il est ingénieur. Tu vas finir vieille fille si tu ne te dépêches pas ». Je me retiens de lui dire que ses copines ont pratiquement toutes passées l’arme à gauche et qu’il serait peut-être temps qu’elle fasse de même.
 
Je file à la salle de bains me prendre une aspirine. Heu non, deux. Tant pis, j’en prends quatre. La journée va être rude.
 
12h20 : Apéritif
Oncle Georges fait la distribution des verres. Pour lui ce sera un Ricard  triple dose ; comme d’habitude.
Les enfants se servent à mains pleines de chips et de cacahuètes et vont s’essuyer les doigts sur le canapé. Ma mère râle.
Manon, ma nièce manque de s’étouffer avec une pistache. « Je t’avais dit de la surveiller », dit ma sœur à mon beauf en tentant de mettre en pratique la manoeuvre de Heimlich. Il faut dire qu’il parlait HDI et que du coup il n’avait pas que ça à faire.
Oncle Georges continue de servir… Enfin de se servir.
 
13h10 : Ouverture des cadeaux
En 5 minutes, c’est un véritable déluge de papier cadeaux.
Ma sœur fait la gueule, son mari lui a offert un fer à repasser. Je lui suggère la solution Ebay. Elle me lance un regard noir.
Je remercie ma grand-mère pour la 34ème paire de gants brodée à mes initiales. Elle constitue mon trousseau depuis que j’ai sept ans. « Tu en auras bien besoin quand tu seras mariée ». J’avale un lexomil entier, histoire de décompresser.
 
13h55 : On passe à table
Comme je suis la seule célibataire du groupe, on me met à côté de la table des gosses. Neuf monstres en furie, quatre Nintendo DS en mode Son Maximum with Surround, deux xylophones et une poupée qui parle. Je prends un Aspégic.
Oncle Georges parle fort et s’enfile la bouteille de vin rouge. Il a toujours eu la descente facile.
Romain, mon neveu de 13 ans me demande si je sais rouler des pétards.
Va falloir que je tienne le coup ; je fouille dans mon sac pour trouver un Guronsan.
 
14h25 : Drame familial
Ma tante hurle dans la cuisine : la dinde a brûlé. Ma cousine va gratter le volatile avec un couteau pour enlever le « noir ».
Les gamins disent que la dinde c’est dégueulasse, qu’en plus elle est cramée et qu’ils veulent aller au Mac Do. Mon père engueule ma mère sous prétexte qu’elle aurait dû être à la cuisine plutôt que de manger du foie gras comme une goinfre. Ma mère lui dit rétorque qu’elle n’est pas la cuisinière de la maison et que l’année prochaine il n’aura qu’à faire à manger lui-même.
Ma petite cousine Valentine (15 ans) me raconte qu’elle n’a pas eu mal quand elle s’est faite trouer la chatte. Je reprends un Lexomil cela ne me fera que du bien.
Oncle Georges, rigole de plus en plus fort et réclame sa troisième bouteille de rouge, ou de blanc, ou de rosé. Il s’en fout du moment que c’est de l’alcool.
Mon frère Laurent roule une pelle à sa nouvelle conquête à forte poitrine. Ils sortent la langue. J’ai envie de vomir. Heureusement, j’ai un Vogalène.
 
14h49 : il pleut sur la crèche
Finalement, tout le monde a trouvé la dinde super bonne. Oncle Georges chante « Il est né le divin enfant » à plein poumon et pisse sur la crèche. Il rate le petit Jésus, c’est le bœuf qui prend tout. Ma Tante Amélie s’enfuie dans une chambre et pleure. Sa fille tente de la consoler à travers le trou de la serrure. Après 15 minutes de négociation, elle l’abandonne pour une part de bûche.
Ma vie revient sur la table grâce à ma sœur, 24 ans, mariée, 3 enfants : « BritBrit, va falloir penser à trouve un père pour tes futurs bébés ». J’explique que je ne veux pas de morveux, que ça pue, que c’est chiant et qu’en plus ils coûtent cher. Ca fait marrer ma future-ex- belle-sœur à gros nichons ; grand-mère tombe dans les pommes ; ma mère m’engueule : on doit pas dire un truc pareil le jour de la Nativité. Il n’y a guerre que maman pour garder un peu de spiritualité le jour de Noël.
Je taxe un peu d’herbe à Romain en échange d’une leçon sur le roulage de joint. Il accepte.
 
15h10 : j’ai mal au cœur
J’ai dû trop manger.
 
15h12 : je vomis
Saloperie de saumon fumé, il n’était certainement pas frais.
 
15h35 : sieste collective
Tout le monde dort, sauf :
-         ma mère qui fait la vaisselle avec ma sœur. L’une dit qu’elle va divorcer parce que se faire mettre plus bas que terre pour une dinde, non merci ! L'autre pense que j’ai une vie de merde et qu’à quarante ans, quand je ne pourrais plus avoir d’enfant, je n’aurais pas intérêt à lui pleurer sur l’épaule, qu’elle m’avait prévenu, et tout et tout…
-         Mon frère qui fête Noël à sa manière avec Cindy (c’est le prénom de Miss poitrail).
 
15h40 : je troque ma pharmacie ambulante contre une bouteille de champagne
Rololo, elle n’était pas un peu trop salée cette dinde ? J’ai soif. Mais vraiment soif…
 
16h00 : le coup de fil
J’appelle l’informaticien qui a un nez original et que j’aime en secret pour lui dire que je veux l’aimer au grand jour et me marier avec lui avant que ma grand-mère ne soit morte. Je tombe sur sa messagerie, j’y dépose mes quelques vers d’amour d’une voix toute émue.
 
16h07 : SMS
La famille se réveille peu à peu. Oncle Georges demande s’il ne resterait pas quelque part une bouteille pour bien finir la journée. Mon père est d’accord et prie ma mère qui ne fait rien de bien vouloir se mouvoir jusque dans la cave. Ma mère lui répond qu’elle n’est pas sa bonne et qu’il n’a qu’à se déplacer lui-même. Mon père fait la gueule.
Je reçois un SMS de l’informaticien. Mon cœur s’emballe et je tremble de partout. Je lis : « Ai R1 Kompri a ce k tu disé. On en parl 2min ». Je chiale. Tout le monde s’en fout. Il n’y a guère que Valentine qui s’inquiète de savoir si j’ai déjà fait l’amour « parce qu’à ton âge BritBrit, il serait temps de faire péter les coutures ».
 
18h00 : c’est le départ
Je fais le tour de la maison pour retrouver mes présents : une paire de gants de toilette (donc !), une trousse de toilette, un CD de Patrick Fiori (je le filerai à la Croix Rouge pour le Noël des vieux), un DVD « J’élève mon enfant » et un agenda 2008 siglé Boucherie Lacassagne.
Tout le monde embrasse tout le monde, rigole, remercie pour les cadeaux, le repas, ce bon moment passé. Et surtout se promet que l’année prochaine On remet ça !

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EmilieRD 26/12/2008 15:57

bon en lisant ca, je comprends que tu auras besoin de beaucoup de temps pour te remettre de ce Noël 2008...

BritBrit Chérie 05/01/2009 20:40


Merci de ta compassion. Ca fait du bien.


syl20 03/03/2008 17:50

"faire péter les coutures"

oh putain, je suis mort de rire ! énorme ce texte

jipi 01/01/2008 14:29

Je passe simplement pour te souhaiter une très bonne année 2008
Que la santé soit au rendez vous
La joie d’être entouré de gens qu’on aime et qui vous aime.
Le plaisir de vivre de simple petit moment de bonheur, le premier étant celui d’être vivant

Amitiés et bonne année 2008 jipi et christ

http://dinan-clermont-rouen.over-blog.com/

el mariachi 31/12/2007 01:36

Bravo, excellent descriptif de ce purgatoire annuel...TOUT y est. Cf. le sketch des Inconnus "Le reveillon" si tu ne le connais pas.à+

SP 29/12/2007 12:24

Il faut en faire un court métrage ...

Nala 29/12/2007 23:19

J'envoie le texte de suite à Almodovar !