CLEMENTINE AUTAIN OU COMMENT LE FÉMINISME ME LAISSE FRIGIDE

Publié le par BritBrit Chérie



J’aurais pu commencer mon billet en faisant le portrait de Clémentine Autain à la manière d’un Stéphane Guillon : méchant, corrosif et limite langue de pute.

« Autain, Clémentine. A vu le jour à Saint-cloud en 1974. Mère, actrice : décédée. Père, chanteur : artistiquement mort, n’est d’ailleurs jamais né.
Après avoir voulu être artiste – comme Jean Sarkozy - , commencé jeune la pratique du militantisme – Jean aussi -, elle décide finalement de se lancer corps et âme dans la politique – tout pareil que Jean ! -. De là à dire que leur destin est lié, il n’y a qu’un pas que je franchis d’un pas allègre.
Look : trouve son inspiration dans les pages de l’Huma, en imitant le style « Arlette Laguiller » très couru dans les Cafés de la Poste … »


Oui, j’aurais pu le faire, car même si le talent n’est pas le même, le jeu rédactionnel aurait pu être drôle.
Mais voilà, je ne le fais pas.

Tout d’abord, je dois avouer que la vision d’une procédure judiciaire qui pourrait s’ensuivre pour « Abattage bloguistique sanguinolent devant tout le monde d’une personnalité publique absolument blanche comme neige et douce comme un cumulonimbus» ne me donne pas plus envie que ça.
Ensuite, ce n’est pas particulièrement à Clémentine Autain que j’en veux, même si sa tête ne me revient pas - ça c’est une considération personnelle -, mais à toutes ces féministes qui comme elle, luttent pour lutter, sont « contre » par principe et font qu’aujourd’hui l’engagement pour le droit des femmes devient galvaudé me laisse froide.

Et pourtant, même si les slogans reprisés du MLF semblent plus que désuets et la cause féminine plus ou moins entendue, des inégalités entre les deux sexes restent à dénoncer et à combattre.

Dans les conseils d’administration des grandes entreprises, seulement 10 % des membres sont des femmes, les écarts de salaire à travail identique et compétences égales se situent entre 20 et 30 % et les discriminations sexistes à l’emploi demeurent. L’excision, la lapidation, les agressions sexuelles, les mariages forcés, le port du voile, la banalisation des insultes et les violences envers les femmes ont toujours la vie dure.
De même, si nous avons gagné le droit à l’avortement, à la contraception, le droit de vote et bien d’autres, c’est tous les jours qu’il faut veiller à ce que ces acquis ne sombrent pas sous les coups du machisme.
Et quand on pense que c’est seulement en 1995 que la déclaration finale de la conférence de l'ONU consacrée aux femmes réaffirme que "les droits des femmes sont partie intégrante et indivisible des droits humains", il y a de quoi rêver.
Le féminisme, dans son idéologie saine, est un véritable garde-fou à la bêtise humaine et sert à donner de la valeur à la pensée féminine, parce qu’elle en a !


Mais comme il existe des intégristes religieux, on trouve des personnes qui, si l’intention fût louable à son origine, transforment cette noble cause en intégrisme du féminisme militant.

Et c’est ainsi que l’on se retrouve avec des personnalités ultra médiatiques à l’image notre Clémentine Autain, ou autre Florence Montreynaud et Isabelle Alonso, qui à trop hurler pour tout et n’importe quoi, rendent leur public sourd. Rameuter à tout va finit par éclaircir les troupes.

Alors oui, la chanson d’Orelsan qui trouve que sa (la ?) femme est une « sale p*te » méritant pour toute sentence une jambe et un bras cassés, une mâchoire déboîtée et une juste place à l’abattoir, doit soulever les contestations et les questionnements sur les droits fondamentaux des femmes à être respectées en tant que telles.

Par contre que dire d’une abrasion de soutiens-gorge pour une pauvre pub Kriss
où la femme se rend à une soirée entre amis uniquement vêtue d’une paire de lunettes ?  À mon avis, le débat est ailleurs. Il se situe plutôt sur les terres de la créativité publicitaire qui flirte parfois avec les idées trop faciles et le mauvais goût.
Certaines pourraient contredire cet argument en disant que c’est aussi dans ce genre d’approches « culturelles » (oui, les guillemets sont nécessaires) que les misogynes se ressourcent. Peut-être. Pas sûr.

J’aimerais tellement que la cause féminine trouve un véritable écho en moi - non pas que je sois à la recherche de bonnes actions à mener, de développement personnel à travers l’aide à autrui -, mais
comment me reconnaître dans ces caricatures de guerrières féministes mettent bien souvent les valeurs féminines au-dessus de tout. La condition des femmes comme arme justicière, c’est donc sans aucune commune mesure qu’elles mettent à mal celle des hommes. Un prêté pour un rendu ?

Parce que je ne me reconnais ni dans les discours extrémistes, ni dans la violence des actions et l’agressivité des Chiennes de garde et de quelques autres mouvements militants, longtemps encore je resterai frigide à ce féminisme intégriste.
Au final, à mon grand regret, je ne ressens  aucune empathie pour la défense de la cause féminine alors qu’elle devrait être un véritable engagement parce que je suis femme avant tout et que les inégalités perdurent.

Marguerite Yourcenar, pourtant incarnation (malgré elle ?) du féminisme, disait en ces termes :
« En principe, je suis passionnément pour tout ce qui relève de la dignité humaine, donc celle de la femme. En pratique, je crois qu’on ne peut trop lutter pour cette égalité. (…) Mais j’avoue que les femmes me découragent par leur perpétuel refus d’être au meilleur du sens du mot «la femme » (…) La civilisation à laquelle j’aspire n’aurait pas de place pour le féminisme militant, non plus que pour l’agressivité masculine. »

CQFD.




Article publié dans le cadre de la journée "Barbe Rose" de LadiesRoom qui aura lieu le jeudi 14 mai.

Publié dans J'ai testé

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Nathou 19/08/2009 16:42

Tu peux aller jeter un coup d'oeil sur mon blog chérie chérie, quelques articles sur le féminisme pourraient t'intéresser...

http://alternathou.blogspot.com/

Zoubs,
Nathou, pédale féministe antiraciste

PS : Combattre le voile n'est pas forcément un combat féministe tant sont celles qui en font le choix libre voire revendicatif au niveau culturel, et plutôt un combat nourri d'ethnocentrisme qui ne peut qu'aboutir à plus de racisme et de stygmatisation...

BritBrit Chérie 01/09/2009 17:43


C'est comme combattre les griffes du chat sur le canapé : c'est pas forcément que l'on exécre son p'tain de m.... de f*cking animal !


Olga 23/05/2009 01:30

La pub kriss ne m'a pas choqué ni Orelsan, c'est plutôt la pub pour les céréales où la fille danse en string. C'était pas necessaire de la mettre en string, une culotte couvrante aurait faut l'affaire

BritBrit Chérie 03/06/2009 00:33


A la limite un brésilien. C'est bien les brésiliens non ?


Mahie 18/05/2009 17:36

Je suis très d'accord avec Suffragettes "Peut-être qu'être féministe c'est savoir respecter les autres femmes et honorer le combat qui a été mené avant nous. "
Tiens tu vois ça me fait penser à un autre truc... Le travail des femmes.. Ma grand-mère (née en 1904) était commerçante et a travaillé toute sa vie dans son magasin avec mon grand-père. Mais elle n'a jamais été "déclarée" et n'a pas donc pas eu la retraite qui lui revenait... Je ne sais pas si cela a changé... Mais je suppose que ça existe encore.

Suffragettes 18/05/2009 16:18

Etre féministe aujourd'hui, je ne suis pas sûre que cela veuille dire quelque chose, en tout cas pas dans les pays développés. C'est même un terme qui est dénigré ou mal assumé. Comme le dit Benoite Groult, le féminisme c'est « une transfusion d’âme de celles qui ont osé à celles qui ont préféré accepter les règles du jeu » mais aujourd'hui il est tellement plus facile d'oser car les portes ont été ouvertes par nos mères et nos grand-mères...
Peut-être qu'être féministe c'est savoir respecter les autres femmes et honorer le combat qui a été mené avant nous.

Mahie 15/05/2009 10:55

Hum, pour faire suite à notre conversation d'hier...
Je suis étonnée que ce post n'est pour l'instant que 3 com'... Il ya tellement à dire sur le sujet...
Je ne connais rien de miss Autain et ne suis pas très au courant des activités des Chiennes de Garde dont je trouve le choix du nom un peu "malheureux"...
Aussi loin que je me souvienne ( et mes souvenirs vont loin puisque j'ai 44 ans) les féministes n'ont jamais eu bonne presse. Je me rappelle mon père parler au début des années 70 des "Bonnes femmes du MLF" avec un mépris certain... Pour beaucoup d'hommes et de femmes, les "bonne-femmes du MLF" étaient forcément des "gouines" (mots très en vogue à l'époque) ou des "mal baisées" (on baise à 2, non?)... Petite j'étais énervée par cette agressivité envers ces femmes. Etre une "gouine" n'est pas grave, être "mal baisée" n'est pas une faute...
Réclamer légalité des salaires me parait légitime...
Avoir le droit de vote : la moindre des choses. Etc etc etc...
Bon les féministes d'aujourd'hui sont trop agressives... C'est vrai qu'elle ne sont pas très "délicates"...
Mais les féministes d'hier n'étaient pas mieux vues!
C'était même pire!!! On les considérait vraiment comme des hystériques...
Pourtant sans elles, on en serait peut-être encore à aller devoir avorter en Angleterre...
1942 : L'avortement est considéré comme un crime contre l'État, passible de la peine de mort.
Ou a demander la signature à notre mari pour ouvrir un compte en banque ou pour avoir le droit de travailler...
1965: Réforme du régime matrimonial de 1804 : la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une profession sans l'autorisation de son mari.
Sans les féministes antipathiques une femme pourrait elle aujourd'hui partir en vacances en Suisse avec ses enfants sans autorisation écrite de son mari faite à la préfecture?
1970 : La mère devient l'égale du père en matière d'autorité parentale.
J'ai bien lu ton post et dans le fond je sais que nous sommes d'accord. La seule chose qui me titille c'est que les féministes sont TOUJOURS passées pour des hystéros mais que cependant, sans elles, on serait loin de profité de notre liberté de femme, en France comme nous le faisons aujourd'hui. Il y a encore beaucoup à faire comme tu le soulignes, qui poussera les politiques au cul pour que les choses changent sinon elles?